lundi 14 mars 2011

Terminus Rua da Praia

Bien entendu, aucun transport n'arrive à Rua da Praia[1]. Pourtant, cela ressemble au bout du monde. Et même à la queue du bout du monde. Ça aurait largement mérité un terminus.


Soyons sincères, on sait tous qu’il y a plusieurs bouts du monde, et qu’ils sont même assez nombreux, mais dans le coin, le monde se termine du côté de Santana. Santana do Ipanema.

La ville est construite sur quelques collines qui bordent le fleuve. En haut, le beau quartier, où habite la Prefeita, la mairesse, au bord de la route qui mène à la capitale. Plus bas, les commerces, l'Église et la place. Au fond du vallon, les quartiers les plus humbles, l'humidité et les moustiques. C'est là que se trouve la Rua da Praia, quelques centaines de mètres de chômage, de désolation et d'enfants sales. Derrière cette rue, il n'y a que le fleuve Ipanema, qui baigne régulièrement l'arrière des masures des plus pauvres et les monticules de détritus que les habitants jettent devant leur porte.

Quand la Rua da Praia a trop grandi, les habitants ont commencé à s'installer là où la ville s'arrête, sur la colline d'en face, après le terrain de foot et le cimetière. Ce sont les mêmes familles qui colonisent peu à peu le nouveau quartier. Là, derrière le cimetière, les rues ne sont pas pavées et les voitures ne passent pas les jours de pluie, mais au moins ils sont loin du fleuve Ipanema.

Ipanema, c'est un nom d'origine indienne, qui veut dire eau mauvaise, insalubre. Ça fait longtemps que cette eau est pourrie, bien avant que l'on n'y déverse les ordures et le trop-plein des fosses septiques.


Aujourd'hui, je suis à la Rua da Praia parce que Pamila, 11 ans, a fugué. Comme personne n'a idée de l'endroit où elle a pu aller, c'est là que je commence naturellement la recherche, avec Veronica. Bien sûr, nous sommes reconnus avant même que nous arrivions et la camionnette blanche est déjà poursuivie par une dizaine d'enfants qui crient et sautent dans mon rétroviseur. Arrivé au bas de la pente qui mène à l'entrée de la rue, je fais demi-tour et arrête la camionnette de nouveau en position de départ. On n'est jamais trop prudent par ici, d'autant plus que c'est déjà la nuit tombée.


La Casa do Menor[2], l’institution où je travaille, gère un centre à Santana. On s’y occupe d’enfants des rues et on leur donne la famille qu’ils n’ont malheureusement pas eue. Ils arrivent généralement par le conseil de protection des droits de l’enfance ou bien spontanément, quand ils se lassent de voler et de mendier les jours de marché. Logiquement, la plupart de nos enfants viennent de la Rua da Praia. Alors c'est un endroit que je connais bien.

Je me souviens que la première fois où je suis arrivé à la Rua da Praia, j'ai cherché la plage. J'étais curieux de voir une plage dans le sertão[3], à 200 kilomètres de la mer. Puis j'ai compris que la plage, c'était quand le fleuve débordait et inondait les taudis de la rue, laissant les habitants les pieds dans l'eau. Chez les riches, le luxe, c'est d'être en bord de mer ou sur les quais de Seine, ici, c'est le contraire.


Quand Célina, une des éducatrices, est venue nous alerter et nous dire que Pamila n'était pas rentrée à la maison après l'école, notre premier réflexe a été de penser à la Rua da Praia. C'est là que Pamila vivait avant de rejoindre la Casa do Menor. C'était bien possible qu'elle y soit retournée.

Le plus probable, c'était qu'elle réapparaisse au bout de quelques jours, sale, maigre et fatiguée, poussée par le souvenir des bons plats du Tio[4] Marcos. Elle avait bien grossi, en quelques semaines de Casa do Menor, et développé un solide appétit car le Tio Marcos réussissait difficilement à contrôler sa générosité au moment de resservir les enfants. Ce n'était donc pas si inquiétant mais ça ne coûtait rien d'aller faire un tour du côté de la Rua da Praia.


Les enfants du quartier sont maintenant tous agglutinés autour de la Kombi blanche, la fameuse camionnette Volkswagen des surfers des années quatre-vingt. Il y a des dizaines d’autres camionnettes de la même marque et de la même couleur en ville, mais les enfants de la Rua da Praia ne s’y trompent jamais : ils nous reconnaissent inévitablement. Il faut dire que la camionnette blanche est maintenant associée dans leur esprit à la distribution de nourriture, alors c’est la fête… Ils s’impatientent :

- Tio ! Tu me donnes un pain ?

- Tio ! Tio !! Vous n’allez pas donner de nourriture aujourd’hui ?

- Du calme, du calme, d’abord on n’est pas samedi, ensuite vous savez que quand il y a de la nourriture, on vous la donne.


Les samedis, on récupère notre plus gros don de la semaine. Vers 18h, je vais au supermarché de la ville, Ouro Branco[5], et j’attends devant l’entrée des fournisseurs pendant que les employés finissent de passer en revue les stocks et les produits proposés en magasin. Au bout d'une demi-heure, un chariot descend sur le monte-charge, avec cinq ou six lourdes caisses de fruits et légumes retirés des rayons pendant la semaine et les invendus de la boulangerie. C'est du vrac. Comme ce sont des produits à jeter, ils ne s'encombrent pas de délicatesse. Les ananas arrivent sur les raisins trop mûrs, les pastèques sur les bananes ou les fraises, et lorsqu'on décharge les caisses en carton, certaines sont déjà en train de goutter. Il nous faut plusieurs heures de travail, dans la cuisine et dans le patio, au milieu des effluves de patates et d'oignons pourris, pour trier et laver ce qui peut être utilisé. Il faut séparer les oignons de la purée de papaye et retirer tout de suite les tomates trop mûres pour pouvoir faire de la sauce tomate, avec des oignons et parfois un peu de poivron quand il y en a.

Dans la caisse du pain, c'est généralement mieux, sauf les jours où ils balancent les restes de gâteau à la crème sur les pizzas aux anchois. On arrive normalement à récupérer quelques petits pains et beaucoup de tranches de pain de mie. On avait donc pris l'habitude, une fois notre stock de pain assuré pour la semaine, d'envoyer le reste de la caisse à la prison, pour les détenus. C'est Antonio, le plus âgé de nos adolescents qui faisait parfois quelques courses, qui se chargeait d'emmener le pain parce qu'il connaissait la plupart des prisonniers.


Un samedi soir où Antonio n'était pas disponible, j'ai pris la caisse et je me suis dirigé vers la Delegacía[6]. C'était un bon jour. Le pain était inhabituellement frais et il y avait plusieurs grands pains ovales à trancher, de la variété appelée pain Recife.

La Delegacía - les jours où c'est ouvert, c'est la version samba de Midnight Express[7]. Arrivé à la grille, j'ai cogné et c'est un type mal rasé, torse nu, qui est venu m'ouvrir. Il était manifestement occupé à regarder la télévision. Pour le principe, il m'a demandé de patienter.

- Bonsoir, c'est le pain pour les prisonniers, qu'on envoie de la Casa do Menor.

- Le pain?

Le type se lève et ouvre la caisse. Une odeur de pain frais se diffuse dans la pièce, une fragrance rare dans cet endroit. Il tâte un grand morceau de pain Recife, l'œil brillant.

- Bien sûr, le pain! Je le leur donnerai un peu plus tard.

Et il range le carton sous son bureau.

C'est tout vu. J'ai bien compris où va finir ce pain. D'habitude, quand c'est du pain qui sent le vieux, ils le distribuent tout de suite à travers une petite ouverture pratiquée dans la porte du patio des détenus ou ils envoient même Antonio le faire. Entre temps, un autre agent est entré, en short et en tongs, tenant l'arme par le canon. Ici, c'est les flics qui ont une dégaine de bandits. En tout cas, pour moi, c'est clair. Je n'apporterai plus jamais le pain à la Delegacía. Depuis ce jour, les samedi soirs, on amène le pain aux enfants de la Rua da Praia, avec le reste de ce que l'on sauve des cartons d'Ouro Branco, généralement des oranges et quelques légumes.


D'autres enfants arrivent, n'ayant pas encore compris qu'aujourd'hui il n'y aurait pas de distribution. Ils agitent leurs petits sacs plastiques:

- Tio, il est où le pain?

- Le pain, il est encore à la boulangerie. Vous savez bien que c'est seulement le samedi.

Il a fallu s’acharner pour faire de ces distributions quelque chose de décent. La première fois, ça a été une scène de panique, comme dans les reportages sur les camps de réfugiés où le personnel humanitaire, débordé, est assailli par une foule désespérée pour avoir un sac de riz. Les enfants étaient partout, hurlant, sautant et s'insultant, les grands passant au-dessus des petits pour mettre quelques morceaux de pain dans leur t-shirt. Puis, la pagaille s'est organisée. Nous avons imposé le sac en plastique et tant bien que mal, une file pour pouvoir être servi. Bien sûr, on voit toujours les mêmes têtes qui réapparaissent trois fois dans la file mais au moins la distribution se déroule de façon civilisée.


J'aperçois Jorge, un gamin d'une dizaine d'années qu'on surnomme "Rebolation", du titre d'une chanson à la mode depuis six mois. Avec ses boucles blondes et ses yeux clairs, il a l'air d'un petit français mais il suffit de le voir se déhancher et chanter "Rebolaation tiooon" en frottant sa main sur ses parties intimes pour comprendre qu'il est né ici. Il le fait en permanence. Il peut être en train de parler avec quelqu'un ou de jouer au foot, ça n'a pas d'importance. On a bien essayé de lui faire perdre cette mauvaise habitude, sans succès. Chaque quelque temps il s'arrête pour faire son numéro de Rebolation.

Cette chanson qui n'a qu'une seule parole – "déhanchement", elle est partout. Ici, impossible d'écouter un morceau de samba ou de bossa puisqu'il n'y a que cette chanson qu'on entend depuis six mois. Une condamnation injuste à six mois sans fin, avec une chanson dans la tête. Une chanson de merde.

- Alors Rebolation, ça va?

- Salut tio, tout va bien.

- Tu fais quoi dans la rue?

- Rien, je m'amuse.

- Et pourquoi tu viens plus aux activités?

- Ah, j'ai pas envie.

- Bon, c'est comme tu veux. Si tu changes d'avis, tu sais où nous trouver. Lundi et mercredi.

- D'accord. Mais, la prochaine fois, vous amènerez des bonbons?

- Hmm. T'as qu'à venir, tu verras bien! En tout cas, seulement pour ceux qui participent aux activités.

Je tente ma chance :

- Au fait, t'aurais pas vu Pamila?

- Qui c'est?

- Une des petites de chez nous, brune, à peu près de ton âge.

- Je sais pas, tio.


Deux fois par semaine, le matin, pendant que nos enfants de la Casa do Menor sont à l'école, nous nous rendons à la Rua da Praia. Il y a une quinzaine d'enfants qui viennent participer à nos activités, football, capoeira, jeux de corde. Cela fait longtemps que nous organisons ces activités, bien avant les distributions de nourriture, mais pour des raisons qui échappent à notre contrôle, ça n'a pas toujours été facile de maintenir la régularité.

Il y avait déjà les jours de pluie et les jours où nous apprenions au réveil qu'il y avait eu des assassinats durant la nuit à la Rua da Praia. Ces jours-là, comme les jours où la rivière montait et inondait les berges, nous évitions d'y aller. Car nous avons toujours eu un problème d'espace. Nous avions réussi à nous faire prêter la cour de l'association de quartier, dans un bâtiment tout neuf et inutilisé mais ils ont changé d'avis au bout de quelques semaines parce que le ballon faisait du bruit. Pour l'instant, nous nous sommes repliés sur un terrain cabossé en bordure du fleuve, qui rappelle plus la lune qu'un terrain de foot mais auquel on arrive plus vite, après avoir enjambé quelques monceaux d'ordures.

Parfois, nous les emmenons aussi au terrain de sport de la Casa do Menor, qui est malheureusement à l'autre bout de la ville, après le cimetière. A travers les activités, on en profite pour essayer d'encourager les enfants à aller à l'école, aider un peu leur mère à la maison, et mettre en avant des valeurs d'honnêteté et de respect. Ça leur évite de traîner dehors et de faire des conneries à un moment où ils sont de toute façon livrés à eux-mêmes. Dans le meilleur des cas ils seraient en train de pêcher et de se baigner dans la rivière contaminée.


Ce qui m'a étonné, au début, c'est que beaucoup de ces enfants qui vivent dans les rues ont une mère, et parfois même un père. Mais ces parents-là, je ne les souhaite à personne. Entre la mère alcoolique, celle qui loue sa fille au voisin et celle qui fait si peu le ménage chez elle que tous ses enfants ont attrapé la gale, nos enfants ont leur lot de parents indignes. Sans compter les intéressés qui refusent que leur fils soit opéré d'une malformation au pied pour pouvoir continuer à toucher des allocations d'invalidité. J'ai donc fini par comprendre pourquoi ces enfants étaient dans la rue et pourquoi le juge nous les avait envoyés.

A la Casa do Menor, la mãe social[8] et les éducateurs leur donnent plus d'amour qu'ils n'en ont jamais eu. Chez nous, la mãe social, c'est Célina, une des personnes les plus dévouées que j'aie jamais rencontré. Elle fait face aux situations les plus épuisantes avec patience, sourire et bonne humeur. Elle ne vit que pour ces treize enfants qui ne sont pas les siens. Maintenant elle attend inquiète, à la maison, que nous revenions avec des nouvelles de Pamila.


Tout d'un coup, alors que Veronica descend de la camionnette, Pamila est là, avec un groupe d'enfants aux habits déchirés. Comme toujours, elle est en train de crier plus fort que les autres, parce qu'elle aime commander. Avec une voix pareille et sa robe fuchsia, c'est une fugitive peu discrète. Enfin, elle aperçoit Veronica et la voiture. Elle s'immobilise. Et part en courant. Elle se réfugie dans une ruelle grisâtre, toujours accompagnée de ses amis. Veronica va dans sa direction, lentement. Dix secondes s'écoulent et Pamila réapparaît, au coin de la ruelle, avec la lèvre inférieure en avant, comme les bouledogues et les enfants qui savent qu'ils ont fait une bêtise. Quand Veronica arrive à sa hauteur, la petite fille baisse la tête.

Toujours au volant de la Kombi, je les attends et je décourage les enfants du quartier qui veulent que je les emmène en promenade.

- Tio, on peut monter? On va où?

- A l'heure qu'il est, c'est la soupe et au lit! Vous devriez laisser cette rue un peu tranquille. Vous croyez que vous êtes des hiboux?

C'est pour la forme. J'ai peu d'espoir. A cette heure-ci, la Rua da Praia est un mélange d'odeurs de poubelles, de merde et de maconha, comme on nomme ici le cannabis. La chaleur de l'après-midi qui remonte du sol soulève avec elle les effluves de la misère. Quelques poules en liberté picorent dans les ordures que l'on doit traverser pour aller jouer au foot sur les berges. Par moments, elles s'abreuvent d'eau usée dans le caniveau qui fait office d'égout à ciel ouvert. Et pourtant, ce n'est pas si terrible que ça. Il paraît qu'avant, c'était encore plus moche.


Ce n'est pas un endroit pour élever des enfants. Confrontés à l'exemple du pire, ils ont toutes les chances contre eux. Et ils voient bien que les seuls qui s'en sortent sont les dealers.

Comme Cleber, le vigile de notre terrain de sport. C'est un jeune adulte de la Rua da Praia à qui on a voulu donner un coup de main. On lui a proposé de prendre en charge l'entretien du terrain, la vérification des inscrits aux activités et la surveillance des jeunes en l'absence des éducateurs. En échange de ce travail de gardien, il recevait un salaire correct. Au début, tout s'est très bien passé, Cleber prenait son boulot au sérieux et il a acheté un frigo à sa mère avec son premier salaire. Mais dès le deuxième mois, le crack l'a rattrapé et son argent l'a trahi.

Il a replongé en direction du passé et nous l'avons vu tomber, impuissants. A vue d'œil, sa situation s'est dégradée. Il ne mangeait plus et oubliait parfois de se doucher. Son nouveau téléphone portable qui n'avait même pas un mois a disparu. Au terrain de sport, aussi, les choses se sont gâtées. Il pensait visiblement à autre chose qu'à son travail. Puis un jour, je l'ai aperçu sans sa bicyclette.

- Hey Cleber, ça va? Et le vélo?

- Je l'ai vendu.

- Quoi? Et tu vas te taper la demi-heure de marche tous les jours? En plein soleil?

- Oui, je vais devoir marcher maintenant.


J'ai compris qu'il était déjà loin. Et les rumeurs en provenance du terrain de sport se faisaient plus inquiétantes, Cleber arrivait tard et restait après l'heure de la fermeture. Il recevait la visite de jeunes qui n'étaient pas là pour jouer au foot. Parmi ces nouveaux arrivants, certains échangeaient du crack au bord du terrain. Il y avait bien sûr des gens qui ne l'aimaient pas, qui étaient contents de répéter ce qu'ils n'avaient pas vu, mais cette rumeur-là avait vraiment quelque chose dans le ventre. Puis ça a été au tour de sa montre et son sifflet d'être sacrifiés pour le crack. Nous avons dû l'arrêter.

Ça faisait mal au cœur de le laisser tomber parce que la chute allait être dure. Alors nous lui avons trouvé une place dans une ferme qui réhabilite les drogués par le travail, une association amie qui acceptait de le recevoir gratuitement. Il disait qu'il voulait se soigner mais dans ses yeux brûlait la fumée du crack. Enfin, un jour avant qu'il ne rejoigne la ferme, il a disparu. Il a même quitté la Rua da Praia. On ne l'a plus jamais revu.


Pamila revient, la tête lourde, derrière Veronica. Elle monte et je referme la porte. Elle pleure en silence. Nous nous éloignons avec un petit coup de klaxon pour les enfants de la Rua da Praia qui agitent leurs sacs plastiques. Soudain, je prends un air exagérément terrifié et lui demande dans le rétroviseur:

- Pamila! T'es pas contente de rentrer?

Elle rigole de ma pitrerie.

- Si, tio, je suis contente.



[1] Rue de la Plage.

[2] Maison des mineurs.

[3] Territoire semi-aride de l'intérieur du Nordeste, région reculée et éloignée des centres urbains.

[4] Oncle. C'est la façon habituelle qu'ont les enfants d'appeler les adultes. Tia, au féminin.

[5] Or blanc

[6] Commissariat et centre de détention

[7] Film de 1978, réalisé par Alan Parker, sur les prisons turques.

[8] Mère sociale. Parmi les éducateurs, c'est celle qui joue le rôle de référent stable, sorte de mère adoptive qui se substitue à la mère biologique.